Désinflation ou stagflation ?

Les marchés ont bien réagi aux premiers chiffres de ralentissement de l’économie US et les indices sont revenus proches leurs plus hauts historiques, notamment en Europe. La participation haussière s’est nettement renforcée aux Etats-Unis, mais surtout en Europe grâce au renversement haussier de nombreux secteurs.


Marchés

  • Les créations d’emploi US ont été les plus faibles depuis le début de l’année à 175K en avril contre plus de 300K en mars, l’ISM des services montre également des signes de faiblesse tandis que le sentiment des consommateurs est ressorti sous les attentes vendredi dernier.
  • La hausse actuelle des indices, après la courte consolidation en avril, traduit l’espoir des investisseurs d’un atterrissage en douceur de l’économie américaine avec une possible nouvelle phase de désinflation qui -après une pause de quelques mois- reprendrait sa trajectoire vers l’objectif des 2% de la FED.
  • Si ce scénario est confirmé, la FED pourrait envisager une première baisse de taux de 25 bp (points de base) dès cet été ou en septembre en fonction de l’inflation et du rythme de détérioration des créations d’emploi, ce qui constituerait un nouveau catalyseur haussier pour les marchés actions et obligataires. Le faible niveau du chômage et la croissance embarquée de l’économie US font que celle-ci part d’un niveau élevé et une entrée en récession semble peu probable à court terme, voire pas avant 2025.
  • En revanche le scénario de stagflation semble un risque plus important car, parallèlement aux signes de ralentissement de l’économie, les matières premières se sont retournées à la hausse, en particulier les métaux industriels comme le cuivre. De plus, les estimations futures de l’inflation US ont été également revues à la hausse.
  • Une perspective de stagflation est négative pour les marchés actions, car elle implique une baisse de la croissance sans capacité par les banques centrales de baisser les taux directeurs, ce qui se traduit généralement par la baisse des profits d’entreprises et donc des indices boursiers.
  • La publication des chiffres d’inflation cette semaine, notamment le CPI (évolution des prix à la consommation) demain avant l’ouverture des marchés US, sera importante à cet égard pour évaluer les probabilités des deux scénarios. Le consensus s’attend à une baisse du rythme de croissance du CPI au mois d’avril, ce qui augmente le risque de déception si les chiffres sont supérieurs aux anticipations.
  • Nous considérons que la probabilité la plus forte est que les anticipations du marché soient justes, tandis que l’évolution des rendements obligataires, des actions et des logiques sectorielles convergent vers le scénario de désinflation et de ralentissement progressif de l’économie américaine.


Secteurs

  • Les valeurs technologiques US demeurent en tendance haussière, mais avec une différence marquée entre Semiconducteurs et Logiciels. La croissance dans l’IA s’est jusqu’à présent beaucoup plus matérialisée dans les infrastructures (Semiconducteurs) que dans les services (Logiciels) d’autant que les éditeurs de logiciels devront consentir à un nouveau cycle d’investissements dédié à l’IA.
  • Les secteurs défensifs comme la Santé, l’Agroalimentaire, les Télécoms ou les Services aux collectivités ont fortement rebondi dernièrement ce qui traduit probablement l’anticipation d’un ralentissement économique, d’une baisse de l’inflation et des taux longs, éléments qui profitent également au secteur Immobilier.
  • Cette hausse des valeurs défensives s’est accompagnée d’un certain fléchissement des secteurs cycliques comme l’Automobile, la Chimie voire l’Energie, mouvement qui pourrait se renforcer si les signes de ralentissement de l’économie venaient à s’accumuler.

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